vendredi 28 décembre 2007

Platon n'incite pas forcément au platonique


La Toilette de Cythère, par Félicien Rops

Ce soir nous revenons à Hugo, pour apprécier un de ses petits poèmes légers tiré des Chansons des rues et des bois. Il va nous montrer que d'austères lectures n'induisent pas forcément à l'austérité ;-)

A ce propos, l'expression «amour platonique» nous vient du Banquet de... non, pas Xénophon, mais Platon ! Le thème global du dialogue y est l'amour, dont la vision socratique, hum ! pardon : platonique de l'amour est dite par Socrate... et illustrée par Alcibiade qui nous raconte comment après avoir croyait-il chauffé à blanc Socrate en fut Gros-Jean comme devant. Je vous livre en amuse-gueule sa conclusion de cette histoire :

Après ces propos, je le crus atteint par le trait que je lui avais lancé. Sans lui laisser le loisir d’ajouter une parole, je me lève, enveloppé de ce manteau que vous me voyez, car c'était en hiver, je m’étends sous la vieille capote de cet homme-là, et, jetant mes bras autour de ce divin et merveilleux personnage, je passai près de lui la nuit tout entière. Sur tout cela, Socrate, je crois que tu ne me démentiras pas. Eh bien ! après de telles avances, il est resté insensible, il n'a eu que du dédain et que du mépris pour ma beauté, et n'a fait que lui insulter ; et pourtant je la croyais de quelque prix, ô mes amis. Oui, soyez juges de l’insolence de Socrate : j'en atteste les dieux et les déesses, je me levai d’auprès de lui tel que je serais sorti du lit de mon père ou de mon frère aîné.

Au sujet de cette anecdote, il me semble que d'après Diogène Laërce c'était Diogène le Cynique qui s'en gaussait ( je n'ai pas mon édition sous la main pour contrôler mon attribution) en disant à raison que si Socrate n'avait pas envie d'Alcibiade il n'avait pas eu grand mérite à résister à ses avances, et que s'il en avait envie, il était bien stupide de leur avoir résisté... Mais trève d'hellénisme, volons vers notre papy Hugo et son poème :

Interruption à une lecture de Platon

Je lisais Platon. – J'ouvris
La porte de ma retraite,
Et j'aperçus Lycoris
C'est-à-dire Turlurette.

Je n'avais pas dit encor
Un seul mot à cette belle.
Sous un vague plafond d'or
Mes rêves battaient de l'aile.

La belle, en jupon gris-clair,
Montait l'escalier sonore ;
Ses frais yeux bleus avaient l'air
De revenir de l'aurore.

Elle chantait un couplet
D'une chanson de la rue
Qui dans sa bouche semblait
Une lumière apparue.

Son front éclipsa Platon.
O front céleste et frivole !
Un ruban sous son menton
Rattachait son auréole.

Elle avait l'accent qui plaît,
Un foulard pour cachemire,
Dans sa main son pot au lait,
Des flammes dans son sourire.

Et je lui dis (le Phédon
Donne tant de hardiesse !) :
- Mademoiselle, pardon,
Ne seriez-vous pas déesse ?

14 août 1859

Appréciez en sus du caractère gentiment ironique vis-à-vis des classiques grecs du dernier vers le frais mélange entre la haute culture antique à laquelle renvoient Platon, le Phédon et Lycoris, et la fraîcheur du monde quotidien incarnée par une turlurette chantant un couplet d'une chanson à la mode.
Le Phédon est un très beau dialogue de Platon qui relate les derniers instants de Socrate et discours de l'âme et du corps. L'Apologie de Socrate et le Criton le rejoignent quant aux évènements auxquels ils se relient. Eux aussi sont très beaux et valent d'être lus. Ce sont peut-être les dialogues de Platon parmi les plus immédiatement accessibles et les plus intéressants avec, justement, Le Banquet.
Pour identifier Lycoris, je vous renvoie à deux pages qui furent mes sources et qui détaillent bien les choses : ici et là. Cette coquine de Lycoris n'ayant pas eu pour amant la lie de Rome, Hugo ne se méprise pas exagérément en tentant de draguer celle-là ! ( mais quand on est Hugo, on peut ! ;-) Le contraste avec une turlurette, c'est-à-dire une grisette, c'est-à-dire une jeune ouvrière se laissant facilement courtiser, est à la fois joli et pas tout à fait un, puisque notre mime Lycoris était aussi nommée Cytheris, nom qui évoque Cythère, île de Vénus et je vous laisse en imaginer les implications, et justifie le choix de l'image de cette note ;-)
Puisque l'on parle de Vénus, concluons de façon légèrement grivoise, en notant que le mot poétique ( si si !) de «cyprine» employé pour désigner la lubrification vaginale suscitée par d'amoureux transports ( ou quelqu'activité solitaire ;-p provient du nom Cypris donné à Vénus, celle-ci possédant un temple à Chypre, île près de laquelle elle serait née. ^_^

jeudi 27 décembre 2007

De arte amavi


L'origine de cette note se trouve dans un des cadeaux intellectuellement avouables reçus par votre serviteur pour son Noël, asçavoir une édition bilingue latin-italien de l'Ars amavi de ce cher Ovide ^_^ Le censeur ne l'avait peut-être pas prévu ( ou avait bien voulu ne pas le prévoir ;-) : certains passages à l'apparence innocente avaient fait l'objet d'une étude éclairée dans mon cours de latin quand j'étais en 3e. Ce ne fut d'ailleurs pas le cas de L'Âne d'or d'Apulée, aussi étudié en 3e, dont je découvris bien plus tard à ma grande surprise et à ma plus grande encore joie la version complète ! ^0^ Je vous rassure tout de suite, braves militants de Familles de France, rien de bien cochon ( quoique, pour vous...) dans L'Art d'aimer, ce n'est pas le Satyricon, mais... un peu de coquinerie ^_^ Mon latin étant si tristement rouillé ( et les agapes de fin d'année laissant peu de temps à l'étude salvatrice de ses restes), je vous proposerai une traduction de l'italien traduisant le latin T_T Le premier extrait sera un de ceux étudiés lors de ma 3e, en hommage... Il s'agit du LIvre I, vers 149 à 162 :

Utque fit, in gremium puluis si forte puellae
Deciderit, digitis excutiendus erit:
Etsi nullus erit puluis, tamen excute nullum:
Quaelibet officio causa sit apta tuo.
Pallia si terra nimium demissa iacebunt,
Collige, et inmunda sedulus effer humo;
Protinus, officii pretium, patiente puella
Contingent oculis crura uidenda tuis.
Respice praeterea, post uos quicumque sedebit,
Ne premat opposito mollia terga genu.
Parua leues capiunt animos: fuit utile multis
Puluinum facili composuisse manu.
Profuit et tenui uentos mouisse tabella,
Et caua sub tenerum scamna dedisse pedem.

Traduction : et si par hasard, comme cela arrive, se pose un grain de poussière sur la poitrine de la belle, cueille vite de tes doigts ce grain-là ; et s'il n'y a nul grain de poussière, ôte toujours ce rien-là [ finalement, je vais traduire un peu du latin à la volée ;-) ]. Montre-lui toujours comme tu es attentionné. Si le pan de sa robe traîne à terre, empresse-toi de te pencher pour le soulever, qu'il ne se salisse. Tu pourras alors en compensation jeter un oeil sur ses jambes sans qu'elle proteste. Veuille à ce qu'aucun spectateur assis derrière elle ne presse de ses genoux sur ses épaules [ enlace-la, mon coquinou !]. Un rien suffit pour conquérir ces esprits légers : ainsi il a profité à beaucoup de disposer d'une main agile un coussin sous elle [ pour son confort et lui toucher les... ], de lui prodiguer un peu de fraîcheur en l'éventant, ou de placer un tabouret sous ses pieds délicats [ car les gradins étaient hauts, et ça permet plein de petites privautés XD].

Haaa Ovide ! Quel maître de l'érotisme ! Il faut lire son histoire de Pygmalion dans Les Métamorphoses. Mon grand regret fut de ne pas passer sur ce texte sublime à l'oral de latin du Bac T_T
Comme deuxième passage, je vous propose les vers finaux ( ou peu s'en faut) du LIvre II ( vers 741 à 744) et pour être égalitaire comme l'auteur originel entre les deux sexes, les vers 809 à 812 du Livre III, délivrant aux femmes un enseignement de l'art d'aimer pour elles. Ces histoires de trophées me font imaginer de façon terrible quelque Apollon ou quelque Vénus sur un monticule de corps de femmes ou d'hommes énamouré(e)s, gémissant d'adoration pour leur vainqueur ;-p

Arma dedi uobis: dederat Vulcanus Achilli;
Vincite muneribus, uicit ut ille, datis.
Sed quicumque meo superarit Amazona ferro,
Inscribat spoliis : Naso magister erat.

Traduction : Je vous ai donné des armes ; comme Vulcain en donna à Achille. Vainquez avec les miennes comme lui-même vainquit. Et que tout amant qui aura triomphé d'une Amazone au moyen de mon glaive inscrive sur ses trophées : «Ovide fut mon maître.»

Lusus habet finem: cygnis descendere tempus,
Duxerunt collo qui iuga nostra suo.
Ut quondam iuuenes, ita nunc, mea turba, puellae
Inscribant spoliis : Naso magister erat.

Traduction : J'ai terminé mon badinage ; il est temps de dételler les deux cygnes blancs qui tirèrent mon char [ le char de Vénus était tiré par deux cygnes blancs, chose que vous pouvez constater le Vendredi sur l'horloge astronomique de la Cathédrale de Strasbourg -oui c'est de la pub éhontée !]. Et vous, jeunes femmes, mes élèves, faites comme les jeunes gens, et inscrivez sur vos trophées : «Ovide fut mon maître.»

En guise de conclusion de cette note, je vous signale ici l'existence d'un juste combat mené en la lointaine Suède ! ;-p ( et j'aime bien l'illustration de l'article ;-p


lundi 24 décembre 2007

Do you want my Père Noël, do you want my paire ?



Voilà, un clip de bon goût pour souhaiter à tout visiteur égaré sur ce blog un joyeux Noël ! ( oui, si je fais une entorse aux histoires tristes de ce blog, reste son amour du trash ! ^0^ ). Hotte, very hotte XD Entre les fêtes, nous nous reposeront avec des choses plus tristes, promis ( ou pas ;-) En attendant, I love you sa pine, I love your boules ;-p

dimanche 23 décembre 2007

Harsh words were said, and lies were told instead

Avant toute chose, je tiens à justifier l'usage a priori infâme d'un titre anglais à cette note par le fait que ce n'est pas de l'anglais, mais de l'anglais japonais ;-) Japanglais donc tiré du générique d'ouverture de Gankutsuoh, une revisitation en animé récente du Comte de Monte-Cristo, lequel, va honorer la note d'aujourd'hui ( c'est la première fois que ce blog reçoit un comte ! ).
Est-il besoin de résumer l'histoire ?! Sans doute, pour ceux qui n'auraient vu que le téléfilm avec Depardieu... -_- Le Comte de Monte-Cristo s'ouvre sur la naïveté, celle de l'amour d'Edmond Dantès pour Mercédès et de son amitié pour
Fernand, Danglars et Caderousse, et sur comment la convoitise de ces derniers brisent sa vie au moment où elle confine au bonheur. Les actes de ces derniers, inspirés par la jalousie pour Danglars, par l'envie pour Caderousse, et par l'amour non partagé de Mercédès pour Fernand, conduiront le pauvre Dantès à croupir dans les geôles du Château d'If. A ces trois là, ce seront ajouté les pas du substitut du procureur du roi Villefrot sur la vie de Dantès.
Vient ensuite la période de son emprisonnement, où Dantès sombre peu à peu dans la déchéance physique et morale. Puis, la délivrance, sous la forme de la survenue de l'abbée Faria dans sa cellule, alors que celui-ci cherchait à creuser un tunnel pour s'échapper. Ce sera alors pour Dantès un retour vers l'humanité, par les sentiments humains, ravivés par son contact avec l'abbé, et vers l'intelligence humaine, grâce aux bienfaits des enseignements de l'abbé dans les divers domaines d ela connaissance. Ce seront ensuite les projets d'évasion à deux, et la révélation à Dantès du secret du trésor de l'île de Montecristo, puis la mort de l'abbé, et la fameuse scène de l'évasion de Dantès, où celui-ci ayant pris la place du corps de l'abbé dans le sac l'emballant, il sera jeté dans la mer du haut des murailles du château, les piefs lestés d'un boulet de fonte.
Pourra alors commencer la vengeance de Dantès, devenu le comte de Monte-Cristo grâce au trésor de l'île. Caderousse, qui avait déjà sombré dans la pauvreté, finit assassiné, bien que le comte lui eut laissé une chance. Danglars devenu riche banquier, finira ruiné et seul, après que le compte eut manipulé les cours de la Bourse ; en dépit de cela, il sera le seul finalement un peu épargné par le comte. Fernand, devenu un puissant militaire, sera acculé au suicide suite à la révélation de ses forfaitures dans la carrière. Villefort, enfin, finira fou, après que sa femme devenue empoisonneuse se suicide avec son fils ( je vous abandonne quelques détails pour quez vous lisiez le livre si ce n'est déjà fait ;-p
Sa vengeance accomplie le comte disparaîtra comme il est venu, partant vers l'Orient sur son bateau avec Haydée, la jeune esclave qu'il avait rachetée ( et que vous voyez à ses côtés sur l'image illustrant cette note ;-) Pour conclure ce résumé, il y a des «quêtes parallèles» impliquant les enfants des divers couples auxquels appartiennent les objets de la vengeance du comte, bien que je ne vous en ai pas parlé ici. Elles sont inexistantes ou presque ce me semble dans le téléfilm avec «Depardiou», mais apparaissent un peu dans l'adaption en animé Gankutsuoh.

A entendre parler deci-delà du Comte de Monte-Cristo ( par exemple dans un sujet du récent Théma Arte sur Alexandre Dumas), il semblerait que ce soit l'histoire du trésor de l'île de Montecristo qui fascine dans cette histoire. Mais à titre perqsonnel, ce qui me plaît, c'est la vengeance. A ce point de vue, une de mes phrases préférée du bouquin est la suivante :
Maintenant que ce trésor, qui avait été si longtemps l’objet des méditations de l’abbé, pouvait assurer le bonheur à venir de celui que Faria aimait véritablement comme son fils, il avait encore doublé de valeur à ses yeux ; tous les jours il s’appesantissait sur la quotité de ce trésor, expliquant à Dantès tout ce qu’avec treize ou quatorze millions de fortune un homme dans nos temps modernes pouvait faire de bien à ses amis ; et alors le visage de Dantès se rembrunissait, car le serment de vengeance qu’il avait fait se représentait à sa pensée, et il songeait lui, combien dans nos temps modernes aussi un homme avec treize ou quatorze millions de fortune pouvait faire de mal à ses ennemis. XD
Je trouve d'ailleurs que la vengeance du comte est plutôt gâchée par sa magnanimité finale pour Danglars. Le roman étant paru en feuilleton sur un an et demie je subodore, à tort peut-être, l'influence de retours des lecteurs sur l'évolution du roman. On part en effet d'un Dantès jurant de se substituer à Dieu pour se venger, puisque ledit Dieu ne lui a pas rendu justice des crimes des hommes, pour se rapprocher de plus en plus d'un Monte-Cristo «born again» qui aspire de plus en plus à retourner dans le giron de notre mère l'Eglise ou que sais-je encore... Et c'est pourquoi il épargne Danglars. Alors on pourrait bien sûr supposer que c'est une évolution psychologique naturelle du personnage, finalement horrifié par l'ampleur des conséquences de sa vengeance déjà exercée ( vous trouverez d'ailleurs beaucoup d'analyses de cette sorte sur le net), mais l'objection à cela est que les interrogations religieuses du héros arrivent vraiment comme un cheveu sur la soupe et de façon tout à fait controuvée ; lisez, relisez, chaque état pyschologique des personnages est soigneusement amené et éclairé, sauf celui dont je viens de vous parler...
Un autre aspect plaisant de la vengeance du comte, en plus de voir comment celle-ci est patiemment tissée, et son ampleur. Fondamentalement Mercédès elle-même est d'autant moins épargnée que le comte lui en veut ( à tort ou à raison, on peut en discuter) de l'avoir trahi en l'oubliant et en épousant Fernand. Et elle aurait dû être d'autant moins épargnée que la vengeance contre Fernand prévoyait de lui tuer son fils chéri en duel, atteignant ses parents à travers celui-ci. Mais Albert de Morcerf sera finalement sauf, car après que Mercédès lui ait révélé les raisons de la haine du comte la nuit précédant le duel Albert s'humiliera comme une merde en présentant ses excuses au comte lors d'une des meilleurs scènes du roman.
D'autres parmi mes scènes préférées sont celle où Edmond promet de rester au côtés de l'abbée Faria jusqu'à sa mort ou son rétablissement après qu'un mal l'ai laissé à demi paralysé, cette scène lors d'une réception du comte chez les Morcerf où Mercédès qui a reconnu Edmond en lui veut lui fairer accepter quelque nourriture que celui-ci refusera imperturbablement, et la «scène finale» en ce qui concerne Villefort. Ah, et il y a aussi l'histoire de ce rêve de l'abbé d'une Italie unie ( rêve totalement absurde pour l'époque du point de vue historique ;-) , et cette scène où au Château d'If, le comte retrouve le manuscript du grand livre de l'abbé ( vous ai-je dit que 'jaimais les livres et que j'étais un sale jacobin pro-décentralisation ;-) .
A propos d'ailleurs, il est inétressant de noter que ceux que la vengeance atteint le plus durement sont peut-être ceux dont les motifs du forfait sont peut-être les moins immoraux. En effet, avant de devenir chacun de méchants hommes qui auront fait de meschantes choses, Fernand et Villefort perdent Dantès l'un par amour en vers Mercédès, l'autre par piété filiale envers son père ( et carriérisme, mais l'un n'empêche pas l'autre ;-). Alors que c'est l'envie et la convoitise qui guident Caderousse et Danglars...

Il est aussi amusant de noter les points que le téléfilm avec Depardieu a soigneusement omis : la consommation par le comte de substances psychotropes, ses relations avec Haydée, le lesbianisme ( traité avec subtilité dans le livre mdr) de la fille de Danglars, etc... And last but not least, Edmond ne hait pas Mercédès mais finit le téléfilm en se remattant à la colle avec elle !!!
L'animé quant à lui se focalise moins sur le comte que sur le fils Morcerf, pour permettre l'identification du puiblic sans doute ;-) Et s'il n'est pas de lesbienne dans celui-ci, croyez-moi, il n'en est pas moins gay pour autant ! Cet animé est d'ailleurs fort sympathique, et il est bien préféré au vil téléfilm, nonobstant les libertés que lui-même prend avec l'histoire d'origine. Petit plaisir, les annonces de l'épisode suivant sont faites en français ( avec un accent XD ) d'une voix virile et grave par le comte himself ; «souffle mon ami... ».
Les choix graphiques de l'animé sont excessivement intéressants ! Bon, il y a ces scènes d'images de synthèse désormais obligatoires dans les animés à thème «futuriste» et dont il m'est avis qu'elles s'insérent moyennement bien et absolument pas discrètement dans l'ensemble, mais sinon, l'idée trouvée pour cet animé est vraiment bonne. Pour essayer de vous en donner une idée, les cheveux et les habits des personnages sont constitués par des motifs très riches et très travaillés qui ne bougent pas quand le personnage lui se meut ; c'est en quelque sorte l'effet que donnerait un pochoir que l'on déplacerait sur un papier-peint ou un papier-cadeau, si vous voyez ce que je veux dire. Sinon, je suis sûr que youtube saura palier à vontre lamentable manque d'imagination et au triste échec de ma tentative d'explication. Enfin, toujours est-il que l'effet est vraiment très beau.

Maintenant que j'ai dit l'essentiel de ce que je voulais dire et un peu n'importe comment, il est temps de conclure aburptement cette note à l'instar de toutes celles du même genre qui l'ont précédée. Un jour ou l'autre, je me contraindrait à rédiger une de ces conclusion de note bien vides que l'on ne met que pour qu'elles y soient. En attendant, you won't see me comin', till I strike ! XD

jeudi 20 décembre 2007

Une nouvelle crise

Non non, je vous rassure, elle n'est ni ministérielle ni du logement ( quoique cela n'empêche pas qu'il en soit) : je me suis juste laissé honteusement allé à une nouvelle rafale de tests dont il est maintenant temps de vous infliger les résultats !





You are The Hermit





Prudence, Caution, Deliberation.





The Hermit points to all things hidden, such as knowledge and inspiration,hidden enemies. The illumination is from within, and retirement from participation in current events.





The Hermit is a card of introspection, analysis and, well, virginity. You do not desire to socialize; the card indicates, instead, a desire for peace and solitude. You prefer to take the time to think, organize, ruminate, take stock. There may be feelings of frustration and discontent but these feelings eventually lead to enlightenment, illumination, clarity.





The Hermit represents a wise, inspirational person, friend, teacher, therapist. This a person who can shine a light on things that were previously mysterious and confusing.

Bon ben c'est pas tout ça mais maintenant, en tant qu'Hermite, je me ferais bien tenter comme Saint Antoine moi... Surtout que moi, je ne me priverais pas de céder :-p

Which Discworld character are you?






Susan Sto Helit-You are Deaths granddaughter, smart, witty and sarcastic. You are really good at discipline at least when it doesnt consern you. You carry your own time, you can make time stop and when Death takes a holiday, you have got to do the work instead of him. Lucky you!
Take this quiz!


Mortel !!! Pardon: MORTEL !!! XD


What Final Fantasy VI Character Are You?




Terra
Take this quiz!
La situation s'est quand même améliorée. La dernière fois, j'étais Kefka ^_^,



Who is your Harry Potter love match? (for girls)




Severus SnapeYou clearly do not scare easily. You want a man who is sharp, intellectual, cultured, and not too mushy. Get underneath his cool, sarcastic exterior and who knows what treasures you might find.
Take this quiz!
Severus, marry me ! Oh ! and minus 50 for Gryffindor !!!



Which Mix of the Hogwarts Houses are You?




You're a Ravenpuff!: You are a very analytical and ingenius person, someone that likes to invent new things. The way you look at life is with wonder, and sometimes you're even a little naive. But people love you for that trait and they feel the need to protect you from the harsh facts of life so that you can retain your innocence. You are very capable person and when there is trouble people turn to you because you're able to stay calm and collected. You like balance in your life and you try not to make many waves. Even still, if there is something that you believe strongly in, you will commit yourself totally to that cause. Your weakness is that sometimes you can be indecisive and perfectionist, especially about little details and you drive people crazy sometimes with these traits. With the innocence of a Hufflepuff and the calm of a Ravenclaw you will be loved in life!
Take this quiz!



Harry Potter: Which Hogwarts professor would you be?




Flitwick - Charms
Take this quiz!

mercredi 19 décembre 2007

Parlez-moi d'amour, redites-moi des choses tendres


Et qui dit amour dit... jeux hentai ! Hé si ! Et le site Iscariote ayant récemment eu une note sur l'animé dérivé du jeu hentai éponyme Kimi ga nozomu eien, je vous propose le générique de début de ce jeu XD
En parlant de cet animé, je l'avions bien aimé. Pensez : mes super-pouvoirs ( et ma lamentable expérience des jeux humhum o^_^o ) m'ont permis de prévoir à l'avance le déroulement de tout le premier épisode, sans même savoir à l'époque de quoi tout cela dérivait ^_^ Que voulez-vous, l'expérience, l'instinct... ( je... je suis une larve ! T_T ) Ajoutez après ça que le «héros» choisit pour une fois la bonne des deux filles entre lesquelles il hésite ( celle tombée dans le coma et celle qui culpabilise pour ça lol - un jour il faudra que je vous parle de Kana imouto, «the unfappable hentai game» ;-p Et puis pensez, une femme qui vient vous voir juste pour vous donner votre miam et votre sesque ;-p Ouais en fait non, si elle vous parle pas en plus de la Bonne Parole, ça va pas ( ce message vous était sponsorisé par ce site qui reprend de façon originale la source du titre de cette note - ne riez pas bande de mécréants ! - quand ils sauront que mon site impie renvoie chez eux !). Seul point noir de l'animé : le «héros» est une vraie loque, encore pire que ce baka de Shinji !!!
Mais place à la zikmu !



Les paroles :

Rumbling hearts

遙か遠くの虹で出逢えるの
あなたへの想い 生きてく
永遠に

やわらかな風に抱かれ
あなた想う心 切なくなる
丘の上 独りきりで
季節見送っているの

青空の向こう 何が視えるのかな
勇気が欲しい 静かに祈っている

もう戻れない
あなたの腕に包まれていた
優しい日々
夏の記憶かすかに残ってる
小さな花火消えない
今でも

水しぶき光浴びて
水晶みたいにほら 輝いてる
あどけない笑顔にさえ

私奪われてゆくの

指先が触れ合う その度不安なの
もう少しだけ このまま抱きしめて

もう帰れない
傷付くことをためらっていた 幼い日々
胸の奥で密かに育ててた
小さな想い消せない
今では

いつか
きっとすべてが 優しさになる
あの日に見た七色の夢
遙か遠くの虹で出逢えるの
あなたへの想い 生きてく 永遠に

Leur transcription :

Haruka tooku no niji de deaeru no
Anata e no omoi ikite yuku
Eien ni

Yawaraka na kaze ni dakare
Anata omou kokoro setsunaku naru
Oka no ue hitorikiri de
Kisetsu miokutte iru no

Aozora no mukou naniga mieru no kana
Yuuki ga hoshii shizuka ni inotte iru

Mou modorenai
Anata no ude ni tsutsumarete ita
Yasashii hibi
Natsu no kioku kasuka ni nokotteru
Chiisa na hanabi kienai
Imademo

Mizu shibiki hikaru abite
Suishou mitai ni hora kagayaiteru
Adokenai egao ni sae

Watashi uabawarete yuku no

Yubisaki ga fureau sono tabi fuan na no
Mou sukoshi dake kono mama dakishimete

Mou modorenai
Kizutsuku koto o tameratte ita osanai hibi
Mune no oku de hisoka ni sodateteta
Chiisa na omoi kienai
Ima demo

Itsuka
Kitto subete ga yasashisa ni naru
Ano hi ni mita nanairo no yume
Haruka tooku no niji de deaeru no
Anata e no omoi ikiteku Eien ni

Une traduction ( torched by myself):

Coeurs tourmentés

Puisque que nous pûmes nous rencontrer par cet inaccessible arc-en-ciel
Mes pensées pour toi dureront
A jamais

Porté par une douce brise
Mon coeur pensant à toi se met à poindre
Toute seule au sommet de cette colline
Je vois s'écouler les saisons

Que pourrait-on voir au delà de ce ciel bleu ?
Cherchant à prendre courage, je me recueille en silence

Ils ne reviendront plus
Ces tendres jours
Passés enlacée dans tes bras
Ces petits feux d'artifice demeurent
Un souvenir estival vague qui ne s'éteindra
Jamais

Les gouttes d'eau font pleuvoir la lumière
Vois ! elles sont pareilles à des cristaux qui brillent
Ton sourire candide même

Me ravit à moi-même

A chaque fois que nos doigts se touchent je me sens tellement gênée
Pour un instant encore continue à me serrer dans tes bras

Je ne peux plus revenir désormais
A ce temps de l'enfance où je craignais d'être blessée
Ayant germé en secret au fond de mon être
Ces sentiments ténus ne sauraient être effacés
Dorénavant

Un jour
Assurément il évoquera la tendresse
Le rêve de l'arc-en-ciel de ce jour-là
Puisque que nous pûmes nous rencontrer par cet inaccessible arc-en-ciel
Mes pensées pour toi dureront
A jamais

Post blogum :

J'aime bien cet adverbe japonais «mou» au moyen duquel on évoque tout ce qui est révolu, irrémadiablement consommé. Son champ d'action est d'ailleurs très large : de notre «mou modorenai» ( non ils ne reviendront plus) au «omae wa mou shinde iru» ( tu es déjà mort) de mon petit frère Ken, en passant par le «mou iya yo» ( non, arrête, on vient déjà de le faire 10 fois, je n'en puis plus) de nos braves hentais ;-p

lundi 17 décembre 2007

Le romantisme et la vie

Ce soir je vous présente un poème des Contemplations de Victor Hugo ( mais avais-je seulement besoin de le préciser ?!), tiré du quatrième livre de ce recueil, Pauca Meae, consacré à sa fille Léopoldine, morte noyée avec son époux peu après leur mariage.
Pour ce que j'en ai lu, ce poème opposerait pour Hugo le soi qui désespère au soi qui croit et espère. Mais pour moi, il illustre une opposition entre l'imagination ( les aspirations romantiques si vous voulez) qui magnifie, et la réalité immuables des faits. Si on veut se gâcher le poème, on peut d'ailleurs trouver que de ce point de vue il pontifie quelque peu. Mais attendons la fin de la note pour cela ( il est un temps pour tout et c'est seulement post blogum qu'animal triste).


A quoi songeaient les deux cavaliers dans la forêt

La nuit était fort noire et la forêt très sombre.
Hermann à mes côtés me paraissait une ombre.
Nos chevaux galopaient. A la garde de Dieu !
Les nuages du ciel ressemblaient à des marbres.
Les étoiles volaient dans les branches des arbres
Comme un essaim d'oiseaux de feu.

Je suis plein de regrets. Brisé par la souffrance,
L'esprit profond d'Hermann est vide d'espérance.
Je suis plein de regrets. O mes amours, dormez !
Or, tout en traversant ces solitudes vertes,
Hermann me dit : «Je songe aux tombes entr'ouvertes !»
Et je lui dis : «Je pense aux tombeaux refermés !»

Lui regarde en avant : je regarde en arrière,
Nos chevaux galopaient à travers la clairière ;
Le vent nous apportait de lointains angelus;
Il dit : «Je songe à ceux que l'existence afflige,
A ceux qui sont, à ceux qui vivent. - Moi, lui dis-je,
Je pense à ceux qui ne sont plus !»

Les fontaines chantaient. Que disaient les fontaines ?
Les chênes murmuraient. Que murmuraient les chênes ?
Les buissons chuchotaient comme d'anciens amis.
Hermann me dit : « Jamais les vivants ne sommeillent.
En ce moment, des yeux pleurent, d'autres yeux veillent.»
Et je lui dis : « Hélas! d'autres sont endormis !»

Hermann reprit alors : «Le malheur, c'est la vie.
Les morts ne souffrent plus. Ils sont heureux ! j'envie
Leur fosse où l'herbe pousse, où s'effeuillent les bois.
Car la nuit les caresse avec ses douces flammes ;
Car le ciel rayonnant calme toutes les âmes
Dans tous les tombeaux à la fois !»

Et je lui dis : «Tais-toi ! respect au noir mystère !
Les morts gisent couchés sous nos pieds dans la terre.
Les morts, ce sont les coeurs qui t'aimaient autrefois !
C'est ton ange expiré ! c'est ton père et ta mère !
Ne les attristons point par l'ironie amère.
Comme à travers un rêve ils entendent nos voix.»


Dans les Contemplations les bois sont souvent sombres et profonds, avec des significations certes différentes selon le contexte ; je vous parlerai d'une autre à l'occasion.
Regardons un peu comme dans chacune des premières strophes et entre les deux dernières s'opposent d'une part un romantisme songeur mais qui regarde vers l'avenir, d'autre part un triste réalisme qui ne voit que le passé ; et espère en Dieu ( oui, je sais, je venais de parler de réalisme...).

La première strophe pose encore les choses. Le décor est résolument romantique : il fait nuit noire, nous sommes dans des bois profonds en compagnie de deux cavaliers qui chevauchent à bride abattue, dans le ciel des nuages qu'éclaire la Lune, et des étoiles qui brûlent. Dans l'imagerie romantique il est souvent des cavaliers qui chevauchent à travers la tempête ou au loin. Mais généralement ils sont seuls. Hermann serait-il donc effectivement un double hugolien ? Notons aussi la mention de Dieu, même si ce n'est qu'au travers d'une expression toute faite, je vous le concède.
A début de la strophe suivante, admirez-moi comme la première phrase se termine à l'hémistiche, quelle force cela lui donne. Regardez comment le début de cette strophe clôt la précédente. Je suis plein de regrets. Et il n'est rien à ajouter. Aussi la suite du vers et le suivant sont-ils consacrés aux pensers d'Hermann. Puis, Hugo répète le seul sien : je suis plein de regrets. Mais cette fois il complète, et l'on sent bien que ces amours-là ne dorment pas d'un sommeil dont on se réveille. Et la suite de la strophe nous le précise bien, puisque les deux voyageurs pensent au tombeau. Mais là où Hermann pense à ceux qui (l') accueilleront bientôt, Hugo, lui, pense à ceux qui accueillirent ses êtres chers ( et pas seulement Léopoldine, l'ange expiré désignant un autre enfant mort à 3 mois d'après les notes de mon édition).
Cette opposition entre le passé et l'avenir, nous la voyons reprise au premier vers de la strophe suivante, et prolongée le long de celle-ci. Notez l'opposition entre l'envolée d'Hermann, et la simple phrase de Hugo. Notez aussi la présence de l'angélus dans le lointain qui, tout en consistutant un élément ramenant à Dieu, renforce l'idée de solitude - nous sommes loin de toute autre présence humaine, puisque ces angélus sont lointains - et vient préciser l'heure, 18h00, et par là-même la saison - l'Automne ou l'Hiver - puisqu'il faut qu'il fasse déjà nuit pour qu'on voie les étoiles.
Les vers qui ouvrent la strophe suivante sont beaux. Par deux fois c'est la nature qui parle, mais par deux fois le narrateur est sourd à son langage. Admirez comment cela est évoqué : phrase déclarative : la nature parle, césure à l'hémistiche, phrase interrogative : mais qu'a-t-elle dit ? Ensuite de nouveau l'opposition entre Hermann tourné vers la vie, et Hugo tourné vers la mort. En parlant de mort, remarquez que par deux fois maintenant Hugo a parlé de sommeil plutôt que de mort.
Enfin, les deux dernières strophe opposent le romantisme désespéré de Hermann à l'espoir pieux de Hugo, avec une strophe pour chacun. Dans la première, le ciel rayonnant invite à penser que nous sommes bien un soir de Lune ( Lune qui a invité cette invitation ;-) , les douces flammes sont les étoiles de la première strophe. Puisque les bois s'effeuillent, c'est donc finalement que nous sommes en Automne ( et en effet, le poème porte la mention d'Octobre 1853 ). Dans la dernière strophe, où Hugo parle, c'est encore l'idée du sommeil qui est mêlée à celle de la mort, puisque c'est comme à travers un rêve que les morts entendent nos voix.

C'est sur ces paroles que je vais moi-même aller dormir, rêver peut-être...