samedi 16 février 2008

I'm a manga manga manga maniac



I love them all, the ladies on the paperback... Mon projet initial était de médire sur la Saint Valentin, fête éminemment commerciale s'il en est ( et puis est-ce vraiment une fête ?!! grrr ), à l'occasion de celle-ci, mais finalement j'ai préféré ce jour-là me bourrer la gueule pour oublier et regarder du foot, chose que je ne fais généralement jamais, sur Direct 8, chaîne que je ne regarde plus, lassé du côté amusant... Puis pfff en plus cette année, même les meilleurs soutiens moraux du célibataire ne critiquent plus la saitn Valentin ! Regardez chez Boulet par exemple ! ( il fallait aussi que je dénonce un jour les blogs-bédés ) C'est à se demander s'il a pas fini par se trouver une proie ! ( comme le laissait entendre - pour rire ? - un «intermède» évoquant les femelles du porc - oui, j'adore bafouer la discrétion et le respect de la vie privée pour gloser sur celle des autres ). Je ne peux plus compter que sur Maliki Mercredi prochain, mais je sens que je vais là encore être trahi !

Alors à la place, je vais vous parler des animés que je regarde en ce moment. Grâce aux soldes récentes et au nombre d'épisodes de certains animés, je tourne sur pas mal de séries en ce moment. Quand je fini un DVD de l'une, je tire au sort une autre sur laquelle j'enchaîne pour un DVD, ça me fait de la variété et me tient compagnie pendant le petit déj' ( quand one st pas réveillé, ça fait illusion ). Aaaaah il est hélas loin le temps où je pouvais passer tout un Mercredi matin à regarder des dessins animés !!! Pfff vieillir, c'est tout pourri ! Heureusement qu'il y a l'alcool, le droit de vote, le permis de conduire et le sesque pour compenser... ( oui, j'ai des plaisirs primaires, même si y'en a pas en France dieu merci ). Alors je vais un peu vous les présenter et leur faire de la peub ^_^


1. Urusei yatsura ( Lamu ).

Aaaah Lamu ! Ne m'en veux pas si je préfère Madoka/ Et malgré cela, épouse-moi ! Ma série préférée de Takahashi, devant Ranma 1/2, et loin devant Juliette je t'aime ( jamais vraiment adhéré ), et Inu Yasha ( ça a vite fini par lasser -_- ).
Une série pleine de bruit et de fureur, qui détourne d'une manière amusante pas mal de codes, de clichés et d'histoire traditionnelles du Japon. Et avec des héroïnes sexies pour le plaisir de l'otaku ^_^ J'ai compté au moins 4 musiques de poursuite différente !
j'en ai encore pour pas mal d'épisodes !


2. Sous le signe des mousquetaires.

15 ans que j'attendais de pouvoir le revoir ! Ce devait être sur la 5 qu'il est passé, et jamais repassé depuis ! Aaaah Milady de Winter et ses cheveux verts, haaa Rossinante, et... et Aramis est une femme !!! ZOMG !!! 0_0
Une adaptation vraiment sympa qui, je trouve, a bien vieilli. En plus cette édition comporte les reportages japonais à la fin, style fin des Cités d'or, pas passionnants pour eux-même, mais j'aime bien les chansons qui les accompagne ( sauf une style rock qui puir... ).
Bientôt fini, j'aborde le dernier coffret de 3 DVDs.


3. L'autre monde.

Je viens de me l'acheter pour pas cher du tout, et je n'en ai donc encore vu aucune épisode. Ca faisait un moment que je guettais une occasion, après un article dans un viel Animeland qui parlait du traitement du thème des enfants-soldats dans cet animé. Serais-je déçu ou pas ? PLus de nouvelles dans une possible prochaine note.


4. Lady Oscar.

Je m'en souvenais pas bien, mais que cette série est excellente !!! Les graphismes ( pour peu que l'on adhère un minimum au style shoujo et à ses sveltes personnages ), les musiques, et les scénarii. Les déchirements d'Oscar entre l'amour et le devoir, entre l'idéal et le sens de l'honneur, c'est cornélien ! ( ou racinien, à force je sais plus bien ).
Et si comme me le faisait remarquer mon frère les japonais aiment bien les histoires d'ambiguité sexuelle ( cf. par exemple aussi Aramis au-dessus ;-) , c'est peut-être dans Lady Oscar que le traitement en est le plus intéressant ( Très cher frère aussi est intéressant de ce point de vue ). Et miracle ! On réussi quand même globaleement à échapper aux vieux clichés bien prégnants dans d'autres animés de l'époque, où pour résumer il faudrait que la femme cesse de se mêler des affaires d'hommes pour apprendre plutôt à savoir faire à bouffer et se préparer aux futures pontes ( ça gâche hélas un peu le plaisir sur des séries à cela près vraiment excellentes comme Touch ou Macross :-(
Ici je suis à peu près à mi-parcours dans l'animé.


5. Il était une fois... L'espace.

Infini... Les prairies bleues du ciel ! Mais je m'égare. Petit je n'en avais vu que quelques épisodes, alors maintenant je vais les voir tous ! Petit aussi, et sur les autres séries d'Albert Barillé tout autant, j'étais amoureux de Psi ( oui, j'étais très infidèle à l'époque, mais Madoka restais mas préférée !). C'est marrant, pour moi elle a toujours été asiatiques, mais à lire le net et les commentaires des DVDs, elle semble plutôt perçue comme noire ou latine, alors est-ce moi ? Les japoniaiseries m'avaient-elles déjà bouffé le cerveau ?!!... de toute façon cet amour était hélas impossible, car son éternel promis était Pierrot, et Métro leur enfant de l'amour ( du moins au vu du générique de fin ). Ahhh même avec les animés mes amours sont impossibles !
Comme la série est quand même destinée à un public assez jeune, j'avance lentement, et comme je ne l'ai que de récemment, j'en suis en plus au début.


6. Touch ( Théo ou la batte de la victoire - tain c'est chaud -).

Touuuuuuuuuuuuuuuuucccccccccchhhhhhhhhhhhh !!! On pourrait presque en aimer le base-ball !!! Minami, épouse-moi toi aussi !!! ( faut croire qu'ils savent s'y prendre pour créer des personnages féminins incrédibles et séducteurs... ) Quelle histoire ! Le meilleur Adachi ! Cet animé aussi je m'en souviens de quand j'étais petit ! Je... Je n'ai pas le droit de vous raconter l'histoire ! ( et puis elle est - devrait être ! - archi-connue ) ! Achetez les DVDs, achetez le mangas ! Ils sont sortis et sortent respectivement en France ! Ou prenez même de la VO !!!
Je... Je suis dans le deuxième coffret sur quatre ! Et je fais durer le plaisir ! Touch c'est une sorte de très long et très doux à la fois orgasme qui se prolongerait indéfiniment... ( tain ! ça c'est de la comparaison !)


7. Cowboy BeBop.

Prêté par mon Fuv', merci Fuvi ! La fin-fin m'a un peu déçu, mais elle a le grand avantage de nous épargner une réexploitation des personnages ! ( déjà que j'ai pas aimé le film ). Petite remarque, les DVDs ne passent pas sur une platine, leur surface n'est qu'une imitation de vinyle ;-)
Là aussi j'en suis au début parce que... parce que vous aurez noté que c'est déjà la 7e série dont je parle ! ^_^,,, ( mais que cela ne te dispense pas de finir et me rendre mon Dagger of Kamui Fuv'man !... ).


8. Jojo's bizarre adventure.

Là, je n'aurais qu'une chose à dire : ORAORAORAORAORAORAORAORAORAORAORAORAORAORAORAORAORAORAORAORAORAORAORAORAORAORA !!! Ah ! Et puis aussi que la musique est vraiment nulle à chier ! -_- Et encore: WRYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYY !!! XD


9. Princesse Tutu.

Récemment acquis, mais pas encore commencé. Ca a l'air kawaii et bizarre tout à la fois ( un peu comme un putchu en fait ). J'ai abdiqué ma virilité pour l'acheter... o^_^o


10. Abenobashi.
J'attendais une promo, je ne regrette pas mon achat ! Aaaaah ça c'est de la série d'otaku !!! ^0^ ( et je n'ai toujours pas compris la fin de 2001, odyssée de l'espace ^_^,,,, ). Chuis toujous de le premier DVD, mais c'est du bon ! ^0^ Si vous avez aimé Otaku no video et Excel saga, n'hésitez pas !

Pfiou ! Ca fait déjà pas mal d'animés différentes n'est-ce pas ! J'en ai encore 1 ou 2 en réserve, mais déjà tourner sur 10 c'est pas mal ! D'autant qu'il faut que je me souvienne de où j'ai laissé une série quand je la reprend ^_^,,,

dimanche 10 février 2008

ESSOOOOOOOOOOOOOO !!!

Non, cette note ne sera pas une incitation éhontée à la consommation de produit dérivés du pétrole ( au fait, ça existe encore Esso ?), mais constituera un accès d'otakuisme, ça faisait longtemps.
Et donc, aujourd'hui, une compilation des meilleurs cris récurrents de divers animés ^0^ Et si vous pensez que Le Cri de Munch n'illustre pas précisément le genre de cris sur lesquels porte cette note, attendez d'avoir fini de la lire, placez-vous devant un miroir, et laissez s'exprimer votre état d'esprit après cette lecture...

Galaxy Express 999 : MEEEEEEEEEETERUUUUUUUUU !!!
Macross : Ichijô taiiii !!!
Hokuto no Ken : YURIAAAAAAAAAAAAA !!!
Saint Seiya : SAORIIIIIIIIIIIII !!! ( variante : ATHENAAAAAAAAAAAAAAAA !!!)
Sailor Moon Live : Mamoru !
KOR ( pour les intimes ) : Madoka ! ; Darling !
Sous le signe des mousquetaires : Constansu !!!
Urusei yatsura : Darling !
Cat's eye : Cat's !
Touch : Strike !
Albator : Arucadia, hasshin !
Goldorak VF : Métamorpho !
Gankutsuoh : Hakushaku !

Plus, pour au moins la moitié de ces animés, des GWEEEEEEEEEEEEHHH !!! de toutes sortes... Et je suis sûr qu'il y en a encore bien d'autres, quand ça me reviendra ça me permettra de faire une deuxième note pour le prix d'une seule !

lundi 4 février 2008

Impuissance bloguique

Ca y est, je n'arrive plus à bloguer ! Je sais pas si c'est un problème biologique ou une question de mental, mais je n'arrive pas à le faire marcher. Faudra que je regarde dans les incessants spams que je reçois s'ils proposent pas aussi un remède pour ça...
Alors pour poster quand même un truc, plutôt que de parler d'Arizona dream sur Arte - un beau film empreint de tristesse et de nostalgie -, et de me poser des questions sur la politique des Balkans, de la vision de Kusturica sur celle-ci et ce qui en transparaîtrait dans ses films ( dommage que wikipedia soit... wikipedia, surtout le français ! je sens que je vais critiquer, glissons !) et du fait que je trouvez Lili Taylor belle comme femme et bonne comme actrice ( cette assertion est d'un stupide ) ; plutôt que de me moquer du Monde que j'ai pris en flagrant délit de pas vérifier ses infos dans la version des supérieurs de Kerviel de l'affaire de la Générale, vu comment les journalistes y merdent sur la notion de martingale en mathématiques, la confondant avec le dénoté du mot en français courant, jusqu'au ridicule ( qui en fait n'était pas bien loin ), et du fait que c'est quand même la 3e version de l'histoire qu'ils présentent sans esprit critique aucun ( les deux autres étant celle de Bouton, et celle résultant de l'audition de Kerviel ) ; je vais vous proposer un poème simple et rapide mais beau, qui ferait un bon écho à mon état ( enfin plus maintenant que je vous ai déjà pondu cette phrase à la Proust le talent en moins ).
J'avais proposé ce poème pour qu'il soit affiché à mon ancien lycée avec d'autres à l'occasion d'un Printemps de la poésie. Etonnament, il ne fut pas retenu, je me demande bien pourquoi... Enfin, je suppose que quand vous l'aurez lu - dans un instant - vous aurez peut-être comme moi votre petite idée sur la question. Je suppute que pour les fins esprits décideurs qui se sentaient obligés de participer à l'évènement sans y éprouver d'intérêt, voire sans l'approuver ( de la poésie, beuuuuh ), de la poésie fallait que ce soit beaucoup de vers, et tant qu'à faire en alexandrins. Bon, pour être tout à fait honnête, maintenant qu'il y a prescription, je reconnais que si j'avais proposé ce poème parce que je le trouvais beau, c'était aussi par dérision de ce Printemps de la poésie organisé au lycée, sachant très bien qu'il serait refusé pour les raisons susdites. Je n'ai pas été déçu de ce côté là ^0^
Mais allons-y pour ce poème d'Apollinaire tiré de ses Alcools :

Chantre

Et l'unique cordeau des trompettes marines

XD

Post blogum : Mais si Fuv ! Je te jure je blogue pas, je pars bosser !

lundi 28 janvier 2008

Un pour tous, et caetera

Ce qui est amusant dans pas mal d'adaptations des Trois mousquetaires que j'ai eu l'occasion de croiser, c'est de voir que souvent ce n'est pas D'Artagnan, pourtant d'une certaine manière héros de l'oeuvre, qui semble être le chouchou de l'adaptateur, mais un autre des mousquetaires. Je n'ai pas encore eu l'occasion de lire l'oeuvre originale, je me demande comment celle-ci traite chacun d'eux... Oh, bien sûr D'Artagnan reste et demeure prédominant, mais...
il demeure tel qu'il doit être, tandis que le « meilleur second rôle » bénéficie d'une certaine libéralisation par rapport à son archétype. Concrètement, ça veut dire qu'il va être cool ^0^
Ainsi, par exemple, dans la sympathique adaptation en 3 films de Richard Lester, récemment passée sur Arte, qui s'éloigne de plus en plus des romans au fur et à mesure que l'on progresse dans la trilogie d'ailleurs ( le fils de Milady devient ainsi une fille ^_^ ), et où Faye Dunaway fait une très charmante Milady ( c'est horrible, moi, dans les Trois mousquetaires c'est le Cardinal et Milady que je préfère... o^_^o ), le personnage cool, c'est Porthos.
C'est un peu difficile de dire pourquoi... Cela doit tenir à son aspect mature, à sa voie grave (du moins dans la version doublée -dérogeant à mes principes, j'ai pas cherché à voir s'il y avait la VO en bicanal...-), et à sa réplique fétiche face à Milady, façon « maintenant, Madame...»
Une scène amusante, dans le 2e épisode de la trilogie si je ne m'abuse, Elle s'appelait Milady en VO si à nouveau je ne m'abuse point, est celle où Milady tue Constance Bonacieux. Pardon mais lol De toute façon elle n'avait eu que ce qu'elle mérite : tromper ainsi son mari devant notre Seigneur Jésus-Christ, fût-ce avec D'Artagnan, c'est vil péchiez !
En fait, la maturité doit être la clé de tout. Contrairement aux sentiments de Sakaki-san ( d'Azumanga Daioh pour les plus incultes ) être cool est plus fort qu'être mignon. Cela nous est confirmé par notre second exemple : l'animé Sous le signe des mousquetaires.
Cette fois, c'est Athos qui est cool et mature ; mature et donc cool. Dans cet animé, Porthos n'est plus là que pour avoir faim ^_^, Athos avait bien compris, lui, ce que D'Artagnan n'avait pas osé avouer à ses 3 compagnons ( comment je suis gentil à ne pas spoiler ! ;-p ).
Je me demande s'il existe une adaptation où c'est Aramis qui est sous les feux de la rampe ? ( bon, c'est vrai qu'on s'y intéresse aussi quand c'est une femme, mais bon, il doit aussi savoir séduire en tant qu'homme, le bougre ! - le terme n'est peut-être pas très heureux en l'occurence ^_^, - ). C'est mon mousquetaire préféré ;-) Ce serait même mon préféré tout court s'il n'y avait pas, comme je vous l'ai écrit plus haut, le Cardinal et Milady. ^_^Si vous en connaissez une telle, je suis preneur.
Pour conclure cette note sur tout autre chose, les amateurs d'histoire - d'histoire romaine plus précisément - seront heureux de savoir que j'ai fait justice sur wikipédia VF où, depuis plus d'un an ( depuis le 26 Novembre 2006 très exactement ), traînait une anedocte disant le nom de Jugurtha « proche phonétiquement » (sic) d'un terme aborigène désignant le Temps du Rêve. Je... Il fallait que je corrige là quand même. Snif...

Les lendemains qui chantent faux

Sous cette image multicolore se dissimule, outre le présent texte - qui n'est d'ailleurs pas vraiment caché, lui -, une rérécidive ( d'aucuns sont trois-fois-grand, moi je suis trirelaps) : j'ai encore fait un test sur le net ! Cette fois pour connaître mon orientation, non pas sexuelle ( c'est passé de mode ) , mais politique. Et là, horreur glauque, j'ai deux ailes au cul. Hum ! Non, pardon : horreur glauque : je serais un left libertarian, de surcroît d'après le site quelque part entre Nelson Mandela et le Dalai Lama, ce qui, vous en conviendrez, est assez lourd à porter.
D'après le site où se passe le test l'orientation gauche-droite serait à comprendre du point de vue économique, et l'orientation verticale comme étant sociale, ce qui éventuellement entraîne qu'on n'y comprenne plus rien du tout. Il est amusant de noter quelles personnalités de gauche existent pour ce site, et où il les place... Dans le rose vous avez Mugabe, dans le bleu Prodi, et dans le vert Gandhi, Mandela et le Dalai Lama...
Enfin, il semblerait d'après leur site que je serais dans la zone qui n'aurait pas fait long feu sous Franco ou Pinochet... A vrai dire je suis plus modéré ( et surtout plus réaliste ) que ne m'évalue ce site ( plus modéré doit vouloir dire hors du diagramme, pas plus à droite ! lol ), mais je vous rassure : vous pouvez toujours m'agonir pour mes idées politiques, ou l'absence de celles-ci. Comme je suis de plus de sensibilité pastafarie, vous pouvez aussi me détester franchement pour mes idées en matière de religion. Alors, que demande le peuple ( si vous êtes de gauche ) / les entreprises ( si vous êtes de droite ) / les électeurs ( si vous êtes centriste, sale mou !)?

samedi 26 janvier 2008

Stanco di aver lavorato

Comme promis dans une note précédente, je reviens vous parler de Cesare Pavese. Plutôt que de vous redire ce qui a déjà été suffisamment bien dit ailleurs, je vous ai traduit l'article du wikipedia italien sur le recueil de poèmes Lavorare stanca, c'est ici que ça se trouve. Généralement, je ne contribue pas à wikipédia, sinon pour corriger des fautes ignominieuses croisées lors de la lecture d'un article, pour plein de raisons que l'étiquette de scepticisme recouvre assez bien. Mais cette fois-ci l'article italien était pas mal, et puis, ça permettra peut-être de faire découvrir un bel ouvrage aux français incultes ( on peut toujours rêver... ).
Ce passager sur wikipédia en tant que contributeur/traducteur a aussi été l'occasion d'améliorer et d'achever de créer la boîte ancien français de Wikipedia:Babel. La version précédente évoquait quelqu'un qui avait voulu se faire plaisir avec de l'ancien français, aucun mal à cela ( après tout, j'ai fais pareil en corrigeant ;-) , mais elle n'était pas très correcte du point de vue de la langue. La première occurrence d'« assister » arrivait trop tard dans la langue française pour appartenir au domaine de l'ancien français, et puis surtout, il y a avait la question de « francor ». Avec vavassor (vassal de vassal ) et Chandelor, c'est un des restes du génitif latin en ancien français. Mais ces restes ne font pas long feu, et un terme comme Francor ( « des Francs ») est vite cantonné au genre épique, puis à plus rien du tout ! Typiquement, c'est du style de La Chanson de Roland ( qui est du début de la période de l'ancien français, et où on l'y trouve ).
Mais revenons à Pavese. Les notes précédentes de ce blog vous auront sans doute appris à vous méfier : je vais vous traduire un poème de Lavorare stanca. Comme nombreux sont fort beau, le choix de l'un d'exu n'était pas si évident au départ, alros j'ai finalement opté pour le poème éponyme. Pour au moins deux raisons. La première est que c'est lui qui a fini par me faire lire l'ensemble du recueil, alors que j'avais déjà 36.000 livres sur le feu ; le deuxième est que ce poème porte bien ce sens de la solitude et de l'incommunicabilité qui traverse tout l'ouvrage et en constitue un thème central. Il est possible d'ailleurs que ce ne soit pas que l'ouvrage mais toute l'oeuvre pavésienne que traversent ces thèmes. Je ne serais pas le dire avec certitude, vu que le seul autre ouvrage de Pavese que je connaisse pour le moment est La Bella Estate que je suis encore en train de lire. Du moins dans celui-ci il est clair que ces thèmes sont encore présents et importants ( vous ai-je dis que j'aimais les lectures tristes où les personnages sont malheureux, parce que sinon c'est pas drôle ? ;-)
Et donc, allons-y pour Travailler fatigue ^_^

Lavorare stanca

Traversare una strada per scappare di casa
lo fa solo un ragazzo, ma quest’uomo che gira
tutto il giorno le strade, non è più un ragazzo
e non scappa di casa.

Ci sono d’estate
pomeriggi che fino le piazze son vuote, distese
sotto il sole che sta per calare, e quest’uomo, che giunge
per un viale d’inutili piante, si ferma.
Val la pena esser solo, per essere sempre più solo ?
Solamente girarle, le piazze e le strade
sono vuote. Bisogna fermare una donna
e parlarle e deciderla a vivere insieme.
Altrimenti, uno parla da solo. È per questo che a volte
c’è lo sbronzo notturno che attacca discorsi
e racconta i progetti di tutta la vita.

Non è certo attendendo nella piazza deserta
che s’incontra qualcuno, ma chi gira le strade
si sofferma ogni tanto. Se fossero in due,
anche andando per strada, la casa sarebbe
dove c’è quella donna e varrebbe la pena.
Nella notte la piazza ritorna deserta
e quest’uomo, che passa, non vede le case
tra le inutili luci, non leva più gli occhi :
sente solo il selciato, che han fatto altri uomini
dalle mani indurite, come sono le sue.
Non è giusto restare sulla piazza deserta.
Ci sarà certamente quella donna per strada
che, pregata, vorrebbe dar mano alla casa


Travailler fatigue

Traverser une rue pour s'enfuir de chez soi
Seul un enfant le fait, mais cet homme qui court
Les rues tout le jour, il n'est plus un enfant
Et il ne s'enfuit pas de chez lui

L'été il est
Des après-midi où jusqu'aux places sont vides, étendues
Sous le Soleil qui va amorcer son coucher, et cet homme, qui s'en vient
Par une avenue de plantes inutiles, s'arrête.
Cela vaut-il la peine d'être seul, pour être toujours plu seul ?
A seulement les parcourir, les places et les rues
Sont vides. Il faudrait arrêter une femme
Et lui parler et la convaincre de vivre à deux.
Sinon, on parle tout seul. C'est pour cela que parfois
Il se trouve un soulaud nocturne pour attaquer un discours
Et raconter les projets de toute une vie.

Ce n'est certes pas en attendant sur la place déserte
Que l'on rencontre quelqu'un, mais celui qui court les rues
S'arrête aussi de temps en temps. S'ils étaient deux,
Aussi à aller par les rues, le chez-soi serait
Où se trouve cette femme et cela vaudrait la peine.
La nuit la place redevient déserte
Et cet homme, qui passe, ne voit pas les maisons
Entre les lumières inutiles, il ne lève plus les yeux :
Il sent seulement le pavé que d'autres hommes ont placé
De leurs mains durcies, comme le sont les siennes.
Ce n'est pas juste de rester sur la place déserte.
Il y a certainement une femme dans la rue
Qui, si on l'en priait, accorderait le foyer.


A la traduction, brutale - celle de Poésie/Gallimard est peut-être mieux, mais inférieure à l'original en italien -, je me demande ce que veulent finalement dire les derniers vers... Au départ je pensais que ce devait être que quelque part, il y aurait une femme avec qui vivre, même pour cet homme. Mais, à la réflexion, et vus les thèmes de l'oeuvre et certaines autres poésies, je me demande s'il ne serait pas question ici d'une prostipute...

mercredi 23 janvier 2008

Et quel titre mettre ?

Pfou, ce soir ce fut une de ces soirées Arte qui vous plombent ladite soirée, avec successivement Sonderkommando Auschwitz-Birkenau et Il faudra raconter . Le premier, c'est une lecture des cahiers retrouvés de ces Sonderkommandos sur fond de silence pesant et d'images fixes des restes du camp de nos jours. L'autre suit quatre survivants, et recueille une part de leur témoignage. Vous vous doutez qu'après ça, on se sent très boute-en-train...

Le deuxième documentaire se conclut sur deux évocations du Pélican dans la poésie. Le fils, qui réalise le reportage, pense à celui de Desnos ( mort d'épuisement et de typhus en 1945 au camp de Térézin, peu après la libération de celui-ci ) dans Chantefable :

Le Capitaine Jonathan,
Etant âgé de dix-huit ans
Capture un jour un pélican
Dans une île d'Extrême-orient.

Le pélican de Jonathan
Au matin, pond un oeuf tout blanc
Et il en sort un pélican
Lui ressemblant étonnamment.

Et ce deuxième pélican
Pond, à son tour, un oeuf tout blanc
D'où sort, inévitablement
Un autre, qui en fait autant.

Cela peut durer pendant très longtemps
Si l'on ne fait pas d'omelette avant.

Son père, un de ceux dont le témoignage est recueilli dans le documentaire, évoque, lui, le passage pathétique et poignant de La Nuit de Mai de Musset, où le pélican nourrit ses enfants de son sang :

[La Muse
... ]

Les plus désespérés sont les chants les plus beaux,
Et j'en sais d'immortels qui sont de purs sanglots.
Lorsque le pélican, lassé d'un long voyage,
Dans les brouillards du soir retourne à ses roseaux,
Ses petits affamés courent sur le rivage
En le voyant au loin s'abattre sur les eaux.
Déjà, croyant saisir et partager leur proie,
Ils courent à leur père avec des cris de joie
En secouant leurs becs sur leurs goitres hideux.
Lui, gagnant à pas lent une roche élevée,
De son aile pendante abritant sa couvée,
Pêcheur mélancolique, il regarde les cieux.
Le sang coule à longs flots de sa poitrine ouverte;
En vain il a des mers fouillé la profondeur;
L'océan était vide et la plage déserte;
Pour toute nourriture il apporte son cœur.
Sombre et silencieux, étendu sur la pierre,
Partageant à ses fils ses entrailles de père,
Dans son amour sublime il berce sa douleur;
Et, regardant couler sa sanglante mamelle,
Sur son festin de mort il s'affaisse et chancelle,
Ivre de volupté, de tendresse et d'horreur.
Mais parfois, au milieu du divin sacrifice,
Fatigué de mourir dans un trop long supplice,
Il craint que ses enfants ne le laissent vivant;
Alors il se soulève, ouvre son aile au vent,
Et, se frappant le cœur avec un cri sauvage,
Il pousse dans la nuit un si funèbre adieu,
Que les oiseaux des mers désertent le rivage,
Et que le voyageur attardé sur la plage,
Sentant passer la mort se recommande à Dieu.

Si vous avez regardé une chaîne plus gaie ce soir, bonne nuit à vous.